Deschamps n'a pas le blues
Mardi soir (20h45), Didier
Deschamps va retrouver Chelsea - où il a passé une
saison - et Carlo Ancelotti, son éphémère entraîneur
à la Juventus de Turin. Souvenirs.
Didier Deschamps a joué une saison avec Chelsea,
avant de poursuivre sa carrière à Valence.(EQ)
Joueur, Didier Deschamps n'est resté à
Chelsea qu'une saison (1999-2000). Pas assez longtemps
pour laisser une véritable empreinte au club.
Contrairement à Marcel Desailly, Florent Malouda ou
encore Nicolas Anelka, l'ancien milieu de terrain n'a
pas les honneurs d'une photo à son effigie sur les murs
qui entourent Stamford Bridge. «Je sortais de cinq
saisons en Italie à la Juventus Turin. Autant dire que
ça avait été pour moi un changement radical de culture,
se souvient l'entraîneur de l'OM. J'avais eu besoin
d'une période d'adaptation, mais je garde de très bons
souvenirs de mon passage». Le plus beau ? Une Cup
remportée à Wembley aux dépens d'Aston Villa (1-0).
C'était un temps où Chelsea n'était pas encore Chelsea.
En tout cas, pas celui que l'on connaît aujourd'hui.
«Avec l'arrivée de Monsieur Abramovitch, Chelsea a
changé de dimension, constate Deschamps.
Des grands joueurs ont été achetés,
un centre d'entraînement a été construit, ils ont
rajouté une tribune au stade... Moi, je n'ai pas connu
ça».
Mardi soir, Deschamps retrouvera donc
un Stamford Bridge quelque peu changé. Pas une première.
En 2004, lorsqu'il officiait à Monaco, le technicien
avait déjà recroisé la route de Chelsea. Bilan : une
victoire en Principauté (3-1), un nul à Londres (2-2) et
une qualification pour la finale de la C1 aux dépens des
Blues alors entraînés par Claudio Ranieri. A l'époque
tout le monde prédisait au club de Roman Abramovitch une
ascension rapide sur le toit de l'Europe. Six ans plus
tard, les millions d'euros investis par l'oligarque
russe n'ont pas permis d'atteindre cet objectif.
«C'est la loi de la C1 : il n'y en a toujours qu'un qui
gagne», souffle Deschamps. A son actif tout de même
: cinq demi-finales et une finale perdue contre
Manchester United en 2008. «Le potentiel, ils l'ont,
reprend Deschamps. Chaque année, quand la Ligue
des champions démarre, Chelsea fait partie des favoris
pour être champion d'Europe. Il n'y est pas encore
parvenu, mais il a gagné d'autres titres. Parfois, ça
demande du temps...» Carlo Ancelotti, double
vainqueur de l'épreuve à la tête de l'AC Milan (2003 et
2007), a été recruté dans cette optique.
«Didier Deschamps a fait une carrière
fantastique, et a prouvé ses qualités d'entraîneur à
Monaco et Marseille, notamment». Carlo Ancelotti.
Ancelotti-Deschamps, c'est une autre
histoire. Plus courte encore que celle de Deschamps sous
le maillot Blue. Les deux hommes ne se sont côtoyés que
six mois à la Juventus Turin. «Mais nous avions de
très bonnes relations», souligne l'entraîneur
italien, admiratif de la reconversion réussie de son
ancien joueur. «Il a fait une carrière fantastique,
et a prouvé ses qualités d'entraîneur à Monaco et
Marseille, notamment. Il a disputé une finale de Ligue
des champions et remporté le titre». L'intéressé
renvoie les compliments. «J'ai beaucoup apprécié ces
quelques mois passés avec lui. Sur le plan du travail,
mais aussi humain. C'est quelqu'un qui entretenait des
rapports privilégiés avec les joueurs». Pour fêter
ces autres retrouvailles, Ancelotti a annoncé lundi son
intention d'offrir «un verre de vin, italien, pas
français (sourires)» à son homologue
français. «Je n'ai pas prévu de pastis, mais j'irai
avec plaisir». Auparavant, il y aura un match à
jouer. Les politesses attendront. - Emery
TAISNE, à Londres